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Quelles sont les villes où l’on fait le plus l’amour ?

Tous les ans ou presque, un article circule pour affirmer qu’une ville précise serait “championne du monde” du sexe. Le problème, c’est que ces classements proviennent presque toujours de sondages menés par des médias ou des marques, auprès d’échantillons qui n’ont rien de scientifique. Avant de vous donner un classement, on vous explique d’où viennent vraiment ces chiffres — et pourquoi il faut les prendre avec des pincettes.

Le sondage qui fait le plus référence : le Time Out Sex Survey

Le média britannique Time Out, qui publie des éditions locales dans des dizaines de villes à travers le monde, réalise régulièrement une grande enquête sur les habitudes sexuelles de ses lecteurs urbains. La dernière vague large s’appuie sur environ 18 500 répondants dans de nombreuses villes, interrogés sur la fréquence de leurs rapports. Le critère retenu pour établir le classement est simple : la part de répondants qui déclarent avoir des relations sexuelles au moins une fois par semaine.

Selon cette enquête, les villes européennes où cette proportion est la plus élevée sont, dans l’ordre :

Rang Ville % des répondants ayant un rapport au moins 1x/semaine
1 Luxembourg 66 %
2 Porto 64 %
3 Marseille 61 %
4 Cambridge n.c.
5 Naples n.c.
6 Bruxelles n.c.
7 Rotterdam n.c.

Fait amusant pour les lecteurs français : Marseille arrive en tête des villes françaises et se classe même, selon Time Out, dans le top 5 mondial, à égalité avec Bangkok et Rio de Janeiro, toutes trois créditées d’environ 61 % de répondants ayant une vie sexuelle hebdomadaire active.

Et Paris, alors ?

Il y a quelques années, une précédente édition locale du même type de sondage (menée cette fois uniquement auprès des lecteurs parisiens de Time Out) avait titré que Paris était “la ville où les gens font le plus l’amour”. Un autre média anglo-saxon, The Local, avait repris l’idée en expliquant que la capitale française se distinguait moins par ses performances en matière de rencontres amoureuses que par la fréquence des rapports sexuels déclarés par ses habitants.

Ces deux informations — Paris numéro 1 à une époque, Marseille numéro 1 (en France) dans l’enquête la plus récente — ne sont pas contradictoires au sens strict : il s’agit de deux enquêtes différentes, menées à des années différentes, auprès d’échantillons différents (pas les mêmes personnes, pas la même méthode de recrutement, pas forcément la même question exacte). C’est précisément ce qui doit inciter à la prudence.

Pourquoi ces classements ne sont pas des faits scientifiques

Avant de partager ce genre de classement comme une vérité absolue, voici les limites qu’il faut garder en tête :

  • Échantillon non représentatif : les répondants sont des lecteurs d’un média urbain, souvent jeunes, urbains et plutôt aisés — pas un panel représentatif de la population d’une ville.
  • Déclaration volontaire : personne ne vérifie ce que les gens répondent. Les biais de désirabilité sociale (répondre ce qui paraît “cool” plutôt que la vérité) sont connus dans ce type d’enquête.
  • Définition floue de “faire l’amour le plus” : fréquence hebdomadaire déclarée, et non durée, qualité ou nombre réel de rapports sur une année.
  • Instabilité des résultats dans le temps : une ville peut être en tête une année et absente du classement l’année suivante, simplement parce que l’échantillon a changé.
  • Intérêt marketing : ce genre de classement fait beaucoup cliquer, ce qui encourage les médias à le refaire régulièrement, sans toujours insister sur ses limites.

Existe-t-il des données plus sérieuses ?

Les instituts de sondage plus rigoureux (Ifop en France, par exemple) publient des études sur la fréquence des rapports sexuels des Français, mais ces études sont presque toujours construites à l’échelle nationale, pas ville par ville. Il n’existe pas, à ce jour, de données démographiques officielles (type INSEE ou INED) qui mesureraient la fréquence des rapports sexuels commune par commune — pour la bonne raison que ce n’est pas le rôle de ces institutions, et qu’une telle mesure serait de toute façon très difficile à objectiver.

Autrement dit : dès qu’un article vous annonce “la ville où l’on fait le plus l’amour en France” avec un chiffre précis à la commune, il y a de très fortes chances que la source soit un sondage de média ou de marque, avec toutes les réserves évoquées plus haut — jamais une statistique officielle.

Ce que l’on peut raisonnablement retenir

  • Selon l’enquête Time Out la plus citée, Luxembourg, Porto et Marseille arrivent en tête du classement européen des villes où la proportion de rapports hebdomadaires est la plus élevée.
  • Marseille revient très régulièrement bien classée dans ce type d’enquête, ce qui en fait, en l’état des données disponibles, la ville française la plus souvent citée sur ce critère précis.
  • Paris a également été en tête d’un classement similaire lors d’une édition antérieure, ce qui illustre bien la volatilité de ces résultats.
  • Aucune donnée officielle et représentative n’existe pour établir un classement fiable, ville par ville, de la fréquence des rapports sexuels en France.

En conclusion

Si vous cherchez une réponse définitive et scientifiquement solide à la question “quelle est la ville où l’on fait le plus l’amour”, il faut être honnête : elle n’existe pas. Ce qui existe, ce sont des sondages de médias amusants à lire, dont Marseille sort régulièrement gagnante côté français, mais qu’il faut considérer comme un indicateur ludique plutôt que comme une vérité statistique. La meilleure ville pour “faire le plus l’amour” reste, in fine, celle où vous vivez une relation épanouissante — et ça, aucun sondage ne peut le mesurer à votre place.

Pour aller plus loin, decouvrez aussi : Top 10 des lieux de drague incontournables à avignon en 2026 et Où faire des rencontres en France en 2025 : lieux de drague.fr.

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steven

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